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 les critiques

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sophie
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MessageSujet: les critiques   Dim 17 Mai - 10:40

trouvé en vrac sur le net, les bons les mauvais.

Dès l’ou­ver­ture, le spec­ta­teur cannois est mis en condi­tion. Ce meurtre à bout portant d’un pauvre âne inno­cent laisse à penser que le réali­sa­teur grec a prévu de nous bous­cu­ler.

Nous devrons ensuite accom­pa­gner un Colin Farrell bedon­nant, myope et déses­péré, en route vers un avenir qu’il espère radieux après avoir été quitté par sa femme.

Son person­nage, David, est plongé dans un centre fermé pour céli­ba­taires censés trou­ver un parte­naire à leur image sous peine d’être trans­for­més en animaux. David est convaincu que sa place est là, la preuve, il a déjà réflé­chi à l’ani­mal qu’il aime­rait être en cas d’échec: un homard (« lobs­ter » en anglais).

Après avoir échoué dans sa quête du parte­naire idéal, David se retrouve dans la forêt, au milieu des “loners”, les soli­taires, gouverné par une Léa Seydoux très crédible en leader impi­toyable.



Le problème de ce film: la deuxième partie censée être une libé­ra­tion pour le héros, est en fait le pendant de la première. Et n’ap­porte rien d’in­no­vant. Après avoir été cloî­trés dans une sorte de télé-réalité, voire d’Hunger Games revi­sité, où tout le monde est logé à la même enseigne et forcé de trou­ver chaus­sure à son pied, les person­nages sont tout à coup promis à un avenir d’in­dé­pen­dance fantas­mée.

On a donc compris le propos du réali­sa­teur grec: la contrainte, quelle soit de vivre en couple ou d’en­tre­te­nir le céli­bat, c’est mal.

Ce constat une fois fait, il faut rappe­ler à quel point le film de Lanthi­mos a fait rire la Croi­sette. Absurde, cruauté gratuite, situa­tions incon­grues sont au rendez-vous. Les expres­sions faciales de ce casting de haut vol (Rachel Weisz, John C. Reilly, Ben Whishaw) parti­cipent du comique du film. Un humour noir assumé, et une atten­tion portée à la photo­gra­phie – l’Ir­lande dans tous ses états – confère au film une qualité digne de cette belle sélec­tion cannoise.
http://www.gala.fr/l_actu/culture/lobster_les_trepidations_amoureuses_de_colin_farrell_341691

Pour apprécier ce film très original, il faut accepter a minima le postulat du réalisateur grec, et éviter de chercher le ridicule potentiel de chaque situation, sinon, autant passer son chemin. Ce cap franchi – ok, nous sommes donc dans un futur peu éloigné dans lequel les célibataires se transforment en homard ou en dromadaire – on goûte instantanément le sérieux et la créativité déployés par Lanthimos pour orchestrer son délire.

Nous voici donc dans le sillage de l'excellent Colin Farrell, récemment séparé et convoqué dans un hôtel de luxe où il aura un mois et demi pour bâtir une nouvelle relation amoureuse. Le rituel est bien rôdé. Rencontres, soirées dansantes, masturbation (interruptus) par le personnel pour être vraiment motivé et chasse à l'homme dans les bois
C'est une société poliment mais violemment totalitaire que décrit Yorgos Lanthimos. Dictature de l'amour, du bonheur, de la famille et de l'union parfaite, de la vie réussie. Si vous sortez des clous, vous finirez dans les bois, à danser en silence sur l'électro que déversent vos écouteurs, avant de finir broyé ou réincarné en animal de compagnie.

Ce genre de film a souvent du mal à trouver son second souffle passé l'effet de surprise initial. Ce n'est pas le cas de "The Lobster" qui trace sa route avec détermination jusqu'à une fin aussi ambigûe qu'effrayante. Lanthimos n'est pas très loin de Peter Watkins qui, en 1971, avait enflammé Cannes avec son "Punishment Park". A l'époque, les cibles vivantes étaient des pacifistes, opposés à la guerre du Vietnam, livrés aux meutes sécuritaires. Aujourd'hui, les fugitifs ont simplement raté leur couple. Les temps changent, mais les gardiens de l'ordre moral sont toujours là.
http://culturebox.francetvinfo.fr/festival-de-cannes/les-films-0/cannes-2015-the-lobster-pourquoi-on-en-pince-pour-ce-homard-219393
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h, enfin de l'air, du jeu, de l'originalité, des codes réinventés… The Lobster (Le Homard) est une fable dystopique qui nous projette dans un monde déshumanisé où le couple est devenu une obligation. Ayant perdu sa femme, un architecte (Colin Farrell) est envoyé d'office dans un hôtel luxueux pour un séjour spécial au bout duquel il est tenu d'avoir rencontré l'âme sœur. Sinon il est transformé en animal, mais de son choix – c'est dire si le film est aussi glaçant que sardonique. Le pékin moyen choisit en général en chien ; lui, moins standardisé, a opté pour le homard…

Yorgos Lanthimos, cinéaste grec du controversé Canine, dépeint un monde absurde où l'amour n'obéit plus qu'à des critères d'atomes crochus caricaturaux, de ressemblances physiques, de handicaps communs (être myope, saigner régulièrement du nez…). Certains, qui résistent à ce système tyrannique, se sont camouflés dans la forêt où ils organisent leur survie et la lutte, élaborent des méthodes d'infiltration. Or, ce camp là – c'est ici la force de la satire – n'est guère plus enviable que l'autre : ses partisan s'appellent Les Solitaires. Et toute relation sexuelle y est bannie.

Le cinéaste renvoie dos à dos les deux mondes, gouvernés par le même conformisme aliénant, le même puritanisme. Il le fait avec toute la bizarrerie dont il est coutumier. En multipliant les situations incongrues, en court-circuitant tout ce qui est attendu. La plupart des séquences recèlent une idée, un motif intéressant, un décalage nouveau. C'est parfois superficiel, mais très inventif d'un point du vue formel.

Le film offre un autre langage des corps et des acteurs (la plupart modelés à contre-emploi, de Colin Farrell, un peu bedonnant, à Léa Seydoux, en chef de guerre), qui passe beaucoup par la pantomine, la danse, du théâtre très gestuel. On dirait parfois du Wes Anderson, l'esthétique fétichiste en moins, la provocation grinçante en plus. Ce qui n'empêche nullement l'émotion de poindre, de manière là aussi très inattendue, à travers la fuite du couple que forment Collin Farrel et Rachel Weisz. Leur amour représente-t-il l'asservissement suprême ou au contraire sa négation la plus belle mais la plus extrême ? Bien malin celui qui aura une réponse définitive…
http://www.telerama.fr/festival-de-cannes/2015/the-lobster-de-yorgos-lanthimos-une-dystopie-sardonique,126669.php

Ce que j’en pense. Yorgos Lanthimos n’a pas besoin d’effets spéciaux pour nous emmener dans un univers singulier. Il suffit qu’il fasse confiance à son imagination pour faire écho aux travers de nos comportements humains dans un environnement bien cadré mais profondément absurde. Son scénario n’est pas si obscur qu’on ne le dit (même si Colin Farrell avoue n’avoir toujours pas tout compris !). Il suffit de suivre la logique interne pour y déceler un questionnement radical sur la dictature du couple et la déshumanisation des sentiments. Yorgos dérange avec humour et efficacité. Les frères Coen qui aiment les choses décalées ont dû se régaler.

Le petit plus. Ce film offre une danse silencieuse surréaliste en pleine forêt mais aussi un Colin Farrell moustachu et ventru. A la question de savoir s’il aimerait être transformé en homard, le beau Colin a répondu qu’il préférerait voler…
http://www.lesoir.be/879950/article/culture/cinema/2015-05-16/film-du-jour-cannes-the-lobster-yorgos-lanthimos
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Yorgos Lanthimos, auteur du remarqué « Canine », ne manque ni d’humour noir ni d’imagination délirante. Dans son nouveau film, sous le haut patronage de Luis Bunuel (entre autres références d’un film qui ne cesse d’interpeller la mémoire cinéphile), le metteur en scène invente un univers glacial et absurde, sorte d’écrin stylisé pour une fable sur la norme et la transgression, les faux semblants de la vie conjugale et l’aveuglement passionnel.

Féroce et singulier, « The Lobster », dans un premier temps, séduit grâce à ses trouvailles formelles et à son mauvais esprit ravageur. Hélas, le cinéaste, prisonnier de son dispositif, semble rapidement ne plus savoir que faire de ses personnages et de son scénario. Et le film, surtout dans sa seconde partie quand le héros rejoint une bande d’insurgés, - les Solitaires emmenés par Léa Seydoux - ressemble le plus souvent à un exercice de style. Un exercice inventif, certes, mais aussi trop long et un tantinet…bourratif. Quand la mayonnaise tourne, le homard est forcément moins savoureux.

http://www.lesechos.fr/week-end/culture/02171686413-cannes-2015-the-lobster-homard-ma-tuer-1119844.php

Un récit qui tourne en rond

On sourit souvent, on rit quelquefois et l’on s’amuse constamment de voir Colin Farrell casser son image de sex-symbol avec sa panoplie de monsieur-tout-le-monde ventripotent, coincé et amorphe. Mais, dès lors que l’anti-héros rejoint les Solitaires dans la forêt pour échapper à son destin animalier, la mayonnaise tourne.

Malgré l’apparition de Rachel Weisz en objet du désir et de Léa Seydoux en meneuse despotique des célibataires endurcis, le récit tourne en rond. Les situations se suivent et se ressemblent, l’écriture se fait moins incisive, l’absence de discours se fait ressentir, l'ennui s'installe et le constat s’impose : The Lobster ("homard" en français) tient plus de l’exercice de style que du délire coup de poing espéré. Alléchant sur le menu mais un peu fade à la dégustation.
http://www.metronews.fr/festival-de-cannes/cannes-2015-the-lobster-joli-dressage-mais-manque-de-texture-pour-le-homard-a-la-grecque/moeo!NWcO6fJ0Su1E/
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On suit le sort de David (Colin Farrell en surpoids de circonstance) depuis son arrivée au château, jusqu'à ses tribulations sentimentales et sauvages. Taciturne et peu disert, l'homme a beaucoup du mal à trouver sa chacune. La première partie manie l'humour noir et les sévices corporels (vous ne pourrez plus vous servir d'une grille pain après avoir vu le film!) avec un certain talent.

On rit noir, la tension sourd de partout. La deuxième partie se voudrait être son contretype. David choisit le camp de l'ennemi, les solitaires et va avoir le malheur de tomber amoureux. Le voici à nouveau prisonnier de sa condition. Lanthimos fustige les normes de nos sociétés qui voudrait nous vendre des façons de vivre.

Ce n'est pas tant le message qui intéresse que la façon dont le cinéaste utilise les codes du cinéma (cadre au cordeau, précision du montage...) pour triturer les souris de laboratoire que sont ses personnages. C'est à la fois savoureux et un peu limite, car dès qu'il s'agit de mettre des sentiments en jeu, Lanthimos rame comme un beau diable pour les faire exister et laisse notre intérêt sur la bas côté. Ce homard laisse une impression mitigée donc.

Read more at http://www.lexpress.fr/culture/cinema/the-lobster-de-yorgos-lanthimos-un-jeu-cruel-drole-mais-limite_1680135.html#l7wJUS0ThU1ieKpH.99

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MessageSujet: Re: les critiques   Dim 17 Mai - 11:02

je decouvre les critiques au fur et a mesure que je les mets, pour l'instant c'est plutôt mitigé
en voila d'autres (attention la premiere regorge de spolier)
Après avoir gagné le prix Un certain Regard en 2009 pour Canine, Yorgos Lanthimos revient à Cannes en compétition officielle avec The Lobster. Un film dont « on ne comprend pas tout » comme l’avait formulé Thierry Frémaux lors de la conférence de presse. Plus précisément c’est un univers parfaitement décalé qui prend le spectateur à revers entre comédie noire, dystopie et drame intimiste. On suit David, incarné par un Colin Farrell moustachu et dépourvu de sex-appeal, transformé en homme introverti et un peu gauche. Célibataire en manque de repères, il intègre un hôtel destiné à lui trouver une compagne. Une société qui n’accepte plus la solitude et la condamne par la métamorphose animale. Une opération chirurgicale qui transforme les personnes en chien, poney, perroquet ou en homard comme son titre l’indique. La première scène montre une femme descendant de sa voiture près d’un champ, qui sort un revolver avant de tirer sur un âne. On découvre ensuite David, questionné sur sa sexualité et sa personnalité. Les dialogues déclenchent le rire immédiatement. Bien barrée, originale et redoutablement féroce, la suite ne fait que confirmer le penchant du réalisateur pour la satire sociale. David voit sa main droite menottée à sa ceinture, à l’instar des autres hommes confinés dans la chasteté, inhérente au principe de pureté revendiquée par l’hôtel et ses dirigeants. La première moitié du récit fascine et interpelle par sa dimension tragi-comique, reflet d’une époque qui condamne indirectement les célibataires et de manière plus générale, les marginaux. Ainsi, David fait la connaissance d’un homme qui zozote (John C. Reilly), d’un autre qui boîte (Ben Whishaw) et d’une femme myope (Rachel Weisz).
Des personnages hauts en couleurs, sont traités explicitement selon leur handicap. Cette manière d’appréhender les protagonistes permet de dénoncer la différence par la provocation et le rire. Ainsi, les scènes sont découpées de manière très clinique, redéfinissant la portée hilarante du plan de coupe qui lie à la perfection ces séquences issues d’un monde parallèle, terrible et bizarre. Le cadrage met en avant cette distanciation, avec des protagonistes en marge de l’image, prêts à quitter le cadre sur des plans serrés ou renvoyés en arrière-plan. Ce premier acte se lit donc à la manière d’un documentaire fictionnel jubilatoire, aidé par une photographie aux couleurs froides, représentant le caractère ascétique de l’enjeu des protagonistes. Ceux-ci sont soumis à un compte à rebours impitoyable de 45 jours pour trouver un/une partenaire, qui peut être rallongé à une condition. Régulièrement, les résidents de l’Hôtel doivent se rendre en forêt pour une partie de chasse. Là-bas, ils doivent tirer sur les Solitaires, groupe de rebelles exilés pour ce statut et menés par la chef Loner (Léa Seydoux). Le nombre de tués leur permet un sursis temporaire.



La mise en scène multiplie les effets de ralentis pour démontrer l’absurdité homérique du combat des marginaux en tant que guerriers pathétiques. Mais le niveau implicite de ces séquences est d’une richesse et d’une audace folle, car il présente la déshumanisation de l’homme dans son rapport avec l’identité animale, rabaissée plus bas que terre. Le rythme est donc soutenu et enchaîne les situations insolites à l’humour irrésistible, tableau formidable du désespoir humain. Yorgos Lanthimos livre une fable orwellienne incisive à la croisée de 1984 matrimonial et de La Ferme des Animaux inversée, le tout à la sauce grecque. La seconde partie change de ton et devient plus grave. La rencontre, tardive, avec la femme myope (Rachel Weisz) bouleverse l’équilibre de la narration et l’installe dans une dynamique plus dramatique. Si elle ralentit son élan dynamique, elle reste néanmoins intransigeante sur le cadrage des silences. David devient alors un personnage actif qui émeut dans cette quête vaine de la fin du célibat.

The Lobster se termine sur un final puissant, intelligent et allégorique d’une société aveugle en perdition, et du poids des conventions. Sur cette dernière note, l’utilisation du hors-champ est exceptionnelle, en montrant peu pour dire beaucoup. Un vrai bonheur de cinéma qui marque par son originalité innovante et culottée, avec un Colin Farrell à contre-emploi aux côtés d’une Rachel Weisz tout en finesse. John C. Reilly est également génial et prouve une fois de plus qu’il excelle dans le domaine de la dérision tandis que Léa Seydoux ne surprend pas. Sa prestation déjà vue s’enferme dans une froideur statique. Un casting malgré tout unique, qui évolue sur une composition musicale hitchcockienne et lancinante qui affine cette ambiance si particulière. The Lobster est un ofni sarcastique et mordant qui joue avec audace la carte du brûlot comique, prouvant que Yorgos Lanthimos est un réalisateur à suivre absolument.
http://www.cinechronicle.com/2015/05/cannes-2015-the-lobster-de-yorgos-lanthimos-critique-95686/
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Notre avis : Yorgos Lanthimos le martèle jusqu’à l’écœurement : le commun des mortels peine à percevoir la logique du monde qui le gouverne, les contradictions et absurdités de la société qui l’environne. Comme Luis Buñuel et Salvador Dali l’affirmaient avant lui dans une séquence devenue culte d’Un chien andalou, notre regard est trompé quant à la véritable nature du réel, qu’il s’agisse d’esthétique ou même de politique. Pour faire fi de cette aliénation et échapper au conformisme ambiant, il serait ainsi nécessaire de reconfigurer notre rapport au monde. Problème : quoi que l’on fasse, il se révèle inutile de tenter de lutter contre l’ordre du monde. La solution, ô combien radicale mais aussi symbolique selon Lanthimos serait peut-être de nous ôter la vue pour espérer retrouver un semblant d’instinct. Et de beauté.
Dans The Lobster, la société est représentée comme un amalgame d’espaces coercitifs. Un univers où le moindre geste dérogeant aux règles imposées par la société rapproche un peu plus de la mort. Au sein de ce monde totalitaire, les célibataires ne sont pas tolérés, c’est pourquoi on les enferme manu militari et on les force à trouver une compagne ou un compagnon sous 45 jours. Passé ce délai, ceux –ci se retrouvent alors transformés en l’animal de leur choix – par exemple un homard –, puis abandonnés dans la nature. Or, la meilleure façon de trouver chaussure à son pied et ainsi d’échapper à ce funeste destin s’avère le mensonge. Cette personne a priori avenante saigne régulièrement du nez, alors pourquoi ne pas feindre cette pathologie pour la séduire ? Pour Yorgos Lanthimos, si l’ordre social imposé par la loi ou intériorisé par l’Homme est intrinsèquement coercitif, l’être humain partage également une part de responsabilité. Conscient de ces obligations arbitraires, ce dernier les utilise à son avantage pour avancer. De telle sorte que rien ou presque ne serait spontanée et désintéressée dans les relations sociales - même l’amour, contraint au travestissement dans pareil contexte.
Déjà avec [Canine-12310] et Alps – simili Holy Motors, Lanthimos tenait ce genre de discours, avec d’un côté le totalitarisme de la famille puis de l’autre celui du quotidien. Si The Lobster s’impose probablement comme le meilleur film de ce cinéaste de la nouvelle vague grecque, difficile de ne pas lui reprocher son systématisme. Certes, la mise en scène est brillante, s’autorisant parfois des ralentis baroques romantiques que ne renieraient pas Lars Von Trier. Certes, la photographie et la gestion de cette lumière lugubre caractéristique force le respect, tant dans sa composition que dans son cadrage. Mais en dépit de quelques plans bouleversants et d’un casting impressionnant, Lanthimos ne parvient toujours pas à se renouveler. La facilité déconcertante avec laquelle il dénonce l’oppression de la vie conjugale, ou la façon dont l’ordre social détourne le monde des bienfaits de l’existence… tout ça est très pertinent et d’un nihilisme lyrique absolu. Seulement, on peine à voir comment son cinéma peut continuer sur cette lancée, qui tourne sérieusement à l’anaphore – l’on préférera à ce titre le travail accompli par Alex Wan Warmerdam avec Les habitants ou Borgman. Le second problème est que l’aridité de la mise en scène risque de laisser de trop nombreux spectateurs sur le carreau, qui lui préféreront pour ne donner qu’un exemple Matrix, a priori moins radical. Reste que The Lobster est incontournable, et vaut d’être vu ne serait-ce que pour Colin Farrell, méconnaissable, et tous ces clones incapables de sourire autrement que sur commande. Belle métaphore d’un monde fait de diktats.
http://www.avoir-alire.com/the-lobster-la-critique-du-film

plusieurs avis sur twitter
http://www.vodkaster.com/breve/l-avis-des-festivaliers-the-lobster-cannes2015/6807

As in Lanthimos’ other features, it’s only once the complex (yet firmly cemented) rules of his narrative universe become clear that his characters’ actions accrue practical and psychological reason; “The Lobster” is a film in which nearly every scene requires bookmarking, to be intuitively cross-referenced at a later point. The stark, arresting pre-credits opener sees an unidentified woman (Jacqueline Abrahams) drive agitatedly through a stretch of soggy countryside, stopping abruptly to shoot a donkey in a field before moving on. The act is never referred to in the ensuing two hours, yet it comes to encapsulate all the film’s roiling emotional stakes in miniature.

From this point, Lanthimos and regular co-writer, Efthimis Filippou, waste little time establishing the laws of a mundane dystopia that doesn’t look severely different from the world we live in now: one of low-level shopping malls and slightly chintzy resort hotels, in which marriage and procreation is still the prized objective of polite social activity. Yet the powers that be have taken a somewhat more regimented approach to the latter institution, by which single folk are actively punished for their failure to pair up. Restricted to the rural outskirts of a damp, unnamed city, they are literally hunted down by other unattached prisoners of the Hotel, an aggressively beige institution where inmates are given 45 days to find a mate within their ranks — or be turned into an animal of their choosing and released into the wild.

If that seems ridiculous, the Hotel — and, by extension, the film — nonetheless have strict standards of what constitutes rational and irrational occurrence. While no one bats an a eyelid at the transformation of humans into flamingos, the two-by-two mandate of Noah’s Ark still applies: A wolf and a penguin cannot live together, decrees the no-nonsense Hotel manager (the splendid Olivia Colman), “because that would be absurd.”

The recipient of this lecture is new captive David (Farrell), a mild-mannered divorcee who seems less desperate to secure a match than some of his fellow guests — including a young man with a limp (Ben Whishaw) and a middle-aged one with a lisp (John C. Reilly). Only Farrell’s character is named; others are billed solely by their chief disability, also the principal criterion by which compatibility is determined here. Lovers are not mutually drawn by their most attractive virtues, Lanthimos appears to argue, but by the shortcomings that they recognize in each other. If common myopia or vulnerability to nosebleeds seem tenuous bonds on which to build a relationship, are they any less so than shared enthusiasms for Mexican food or long walks on the beach?

Thus does Lanthimos’ confounding setup emerge as a brilliant allegory for the increasingly superficial systems of contemporary courtship, including the like-for-like algorithms of online dating sites and the hot-or-not snap judgments of Tinder. If the unreasonable pressure on single people — particularly those of a certain age — to find companionship has already driven humanity to such soulless means, perhaps the scenario outlined in “The Lobster” isn’t so outlandish after all. One thinks back to the worst-case nightmare of fiction’s most fretful singleton, Bridget Jones, whose fear of being found “fat and alone and half-eaten by Alsatians” may indeed be wittily (and quite literally) referenced here.

When David’s last-ditch attempt at forcing a union with a cold-hearted inmate (played with hilariously stony relish by Lanthimos regular Angeliki Papoulia) comes to naught, he escapes the Hotel grounds only to found that society is no less forgiving on the other side of the conservative pro-couple barrier. In the forest, he falls in with a militant opposition group known as the Loners, led by Lea Seydoux’s unsmiling anarchist, whose rigid rules forbidding any form of romantic interaction prove no less oppressive than the ideals of the Hotel. It’d be unfair to further unpick Lanthimos and Filippou’s beautifully structured tangle of poetic ironies and reversals, except to say that the payoff is at once crueller and more rapturous than in the director’s previous, fiercely disciplined work. Via the character (and enigmatic narrating voice) of Rachel Weisz’s questioning Loner, “The Lobster” gradually sheds its chilly shell, building to a soft tumult of feeling.

Lanthimos’ films are such pristinely mannered directorial creations — unmistakably bound by their deader-than-deadpan humor, tweezer-set visual composition and stark stabs of violence — that it never seems his actors should be permitted to do much more than hit their regimented marks. Once more, however, his terrific ensemble surprises with the intricate human detailing they achieve under his seemingly distant steerage. Colman is first among equals in a bigscreen role that finally requires the knack for exquisitely oblivious comedy she has repeatedly demonstrated on British television, but no role of any size is wasted here: In particular, fellow Britcom graduate Ashley Jensen etches a haunting, fine-scale study of desolate singledom in a few brief scenes. Taking over from the initially cast Jason Clarke, Farrell once again proves that hangdog vulnerability, rather than rakish heroism, is his strongest suit as an actor; he’s the porous lead this potentially airtight construction needs.

Shooting largely on the wind-tousled, gray-flannel coastline of Ireland’s County Kerry, Lanthimos’ favored d.p. Thimios Bakatakis is once more an invaluable ally in establishing the spatial and social architecture of his director’s story world. His boxy, formal framing and bilious color palette reveal much about the restrictions applied to the people within them, as does the tidy, function-first bleakness of Abrahams’ production design.

As usual, Lanthimos eschews an original score in favor of existing classical and pop compositions, which aggressively punctuate an otherwise quietly thrumming soundscape with brute impact. Beethoven, Shostakovich and Stravinsky all put in prominent appearances, but the most evocative selection here may well be Nick Cave and Kylie Minogue’s morbid country-Gothic ballad “Where the Wild Roses Grow,” with its plaintive plea for unrestrained love: “Do you know where the wild roses grow, so sweet and scarlet and free?” Perversely romantic almost in spite of itself, “The Lobster” doesn’t offer the answer, but it suggests we keep looking.
http://variety.com/2015/film/festivals/the-lobster-review-colin-farrell-rachel-weisz-1201496633/
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Une femme dans une voiture. Il pleut. Elle sort. Nous restons dans l’habitacle. Par le pare-brise noyé, on découvre un champ où paissent deux ânes. La femme, excédée, traverse l’étendue herbeuse, sort une arme et abat l’âne. Générique de début. En quelques minutes, Yorgos Lanthimos pose le programme de son film. Ou plutôt rappelle à tous ceux qui ne le savaient peut-être pas encore que ce jeune réalisateur grec est capable de tout ! Avec lui, on ne fait pas dans la tiédeur. Adepte d’un cinéma, pas tant radical que simplement mal-aimable, Lanthimos vient de frapper un grand coup sur la croisette avec THE LOBSTER. Si déjà en 2010, son CANINE avait secoué Un Certain Regard, on est plus que ravis, vraiment enchantés et bluffés que son entrée dans la compétition se fasse avec ce film étrange, jusqu’au-boutiste et étrangement accessible. THE LOBSTER est un film d’horreur sur le sentiment amoureux aussi hilarant qu’angoissant. Au-delà de son pitch taré, extrêmement bien tenu, le film construit un univers froid, réglé où le sentiment n’est plus quelque chose qui transcende mais bien qui se contrôle et s’organise. À l’heure de Tinder et de Meetic, difficile de ne pas voir la portée sarcastique et jubilatoire d’un film qui décrit le totalitarisme amoureux et l’obligation du couple. Si on ricane un temps devant cet hôtel étrange où l’on vous apprend « qu’être deux c’est toujours mieux », le film saisit aussi très bien l’angoisse du solitaire dans un monde qui fonctionne par paire. Des rangées de tables unitaires face à des couples qui roucoulent, la gaucherie d’un thé dansant où l’on cherche à être aimé, la juxtaposition des chambres d’hôtel au lit single, Lanthimos distille graphiquement une peur sourde que la menace de la transformation finale renforce. C’est étrange, absurde évidemment, mais sacrément séduisant et efficace. Un peu à l’instar de la formidable série MAN SEEKING WOMAN, le film réussit à rendre compte de l’angoisse profonde, de la violence quotidienne que produit une société où l’Amour est un Idéal nécessaire. Mais le réalisateur a l’intelligence d’aller un peu plus loin, quitte même à prendre le risque de sortir de la zone de confort que la première partie brillante de son film lui offrait. Tandis que son personnage s’échappe, le film s’amuse à prendre le contrepoint, c’est-à-dire à interroger la haine du couple. On pourrait trouver ça facile, d’annuler ainsi les points de vue. Pas si simple ! La seconde partie, certes plus faible, réussit à dépasser la dimension totalitariste et dystopique du film pour creuser plus profondément encore dans les recoins sombres du sentiment. Don de soi, espoir, mensonge, cruauté, le film interroge la relation à l’autre en montrant que tout tient d’un engagement compliqué et peut-être éphémère. La love story qui naît dans ce milieu hostile en devient doucement émouvante. Comme si ces célibataires résignés (résurrection totale de Colin Farrell, bluffant en héros sans qualité) s’offraient un dernier tour de piste, en faisant semblant d’y croire à nouveau. La force du film tient finalement dans son étrange acuité, par sa manière de transformer les blessures narcissiques amoureuses de tout un chacun en un univers cinématographique retors et entêtant.

http://www.cinemateaser.com/2015/05/67535-cannes-2015-the-lobster

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MessageSujet: Re: les critiques   Dim 17 Mai - 16:50

En fat ce sont les français qui ont le moins aimé ét cela c'est étonnant ! Mais dans l'ensemble la plupart des critiques importantes sont bonnes
Je ne le vois pas gagner la Palme d'or mais peut être le prix du jury oú le grand prix
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MessageSujet: Re: les critiques   Dim 17 Mai - 17:10

j'ai pas lu les critiques etrangeres car y en avait trop a lire!! lol! donc je me suis arreter au francaises

maintenant une semaine a attendre pour connaitre le verdict.

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sophie
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MessageSujet: Re: les critiques   Mar 1 Sep - 19:23


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sophie
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MessageSujet: Re: les critiques   Mer 28 Oct - 19:48

je l'ai vu cette apres midi. Laughing
par chance UN seul ciné passait le film dans ma region. donc pas questionde le rater.

c'est trop bizarre!! mais bizarre bien..
la premiere partie l'est vraiment. je trouve cet hotel tellement sinistre et les gens qui la dirigent ne donne pas envie de s'engager. toutes ces règles pour trouver un compagnon et tellement inhumain.

les couples le sont par obligation, l'amour existe t il dans ce monde la?!
j'ai bien aimé le personnage de la "sans coeur" tellement cruelle, froide. j'ai bien été contente quand meme de la reaction de david face a sa cruauté.

la 2e partie et plus "vivante" meme si elle est dicté par des règles tout aussi absurde.

a l'hotel interdit d’être célibataire et dans la foret interdit d'etre en couple!! mais ces quoi ce monde...
les scènes chez les parents sont extra, dans la salle tout le monde etait plié de rire.

et ces gamins ils sortent d'où? ils ont pas de parents.

c'est quand meme dingue cette obsession de trouver absolument un point commun pour former un couple.
david aime la myope et quand ils perdent leur point commun, il doute et cherche un nouveau truc . pourquoi? ils s'aiment! c'est ca leur point commun pourquoi vouloir tout gacher?!

la fin est tellement ....qu'on reste planté la a attendre Very Happy

je n'ai pas reconnu colin, ni physiquement ni dans son jeu. incroyable métamorphose.
meme pour les autres comédiens, j'ai eu cette sensation qu"ils ont eu l'ordre de ne pas "jouer".

colin est vraiment bon , non pas que ca m'epate mais c'est tellement evident dans ce film
cheers

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